Conférence publique: sensibilisation sur Ebola

LA MALADIE A VIRUS EBOLA : QUELLE COMPRÉHENSION POUR UNE ACTION EFFICACE ?

PRÉSENTÉE PAR Dr GONÇALVES KOMLAVI

 A L’ONG HADIS (DIMANCHE 28 SEPTEMBRE 2014)

1- Définition

La maladie à virus Ebola (auparavant appelée fièvre hémorragique à virus Ebola) est une maladie grave, souvent mortelle, dont le taux de létalité peut atteindre 90%. Elle touche l’homme et les primates (singes, gorilles et chimpanzés). Elle est apparue pour la première fois en 1976, lors de deux flambées simultanées, l’une dans un village près de la rivière Ebola en République démocratique du Congo (d’où le nom ebola) et l’autre dans une zone isolée du Soudan. (source : OMS)

2- Comment l’être humain est-il infecté par le virus?

Le virus Ebola s’introduit dans la population humaine lors de contacts rapprochés avec du sang, des sécrétions, des organes ou des liquides biologiques d’animaux infectés. En Afrique, l’infection est survenue après la manipulation de chimpanzés, de gorilles, de chauves-souris frugivores, de singes, d’antilopes des bois et de porcs-épics infectés retrouvés malades ou morts dans la forêt tropicale.

Il est important de réduire les contacts avec les animaux à haut risque (c’est-à-dire les chauves souris frugivores, les petits et les grands singes), y compris en s’abstenant de ramasser les animaux morts trouvés dans la forêt ou d’en manipuler la viande crue.

Quand un être humain a été en contact avec un animal porteur du virus Ebola, celui-ci peut se propager dans la communauté d’une personne à l’autre. L’infection se produit par contact direct (par la peau lésée ou les muqueuses) avec le sang, les liquides biologiques ou les sécrétions (selles, urines, salive ou sperme) des sujets infectés. C’est aussi le cas si la peau lésée ou les muqueuses d’un sujet sain entrent en contact avec des objets contaminés par les liquides infectieux d’un malade, comme des vêtements, du linge de lit souillés ou des aiguilles usagées.

Les rites d’inhumation au cours desquels les parents et amis du défunt ont des contacts directs avec la dépouille peuvent également jouer un rôle dans la transmission. Les corps des personnes mortes de la maladie à virus Ebola doivent être manipulés en portant des vêtements et des gants assurant une bonne protection et inhumés immédiatement.

3- Qui est le plus exposé au risque?

Lors d’une flambée, les personnes les plus exposées sont:

  • les agents de santé;
  • les membres de la famille ou toute autre personne ayant des contacts proches avec les sujets infectés;
  • les parents ou amis en contact direct avec le corps du défunt lors des rites d’inhumation; et
  • les chasseurs en contact avec des animaux morts trouvés dans la forêt tropicale.

4- Quels sont les signes et symptômes typiques de l’infection?

L’apparition brutale de fièvre, une faiblesse intense, des douleurs musculaires, des céphalées et l’irritation de la gorge sont des signes et symptômes typiques. On observe ensuite des vomissements, une diarrhée, une éruption cutanée, des troubles de la fonction rénale et hépatique et, dans certains cas, des hémorragies internes et externes.

La période d’incubation, c’est-à-dire le temps écoulé entre l’infection et l’apparition des symptômes, va de 2 à 21 jours. Le patient devient contagieux à partir du moment où des symptômes se manifestent. Il ne l’est pas pendant la période d’incubation.

5- Quel est le traitement?

Les malades gravement atteints ont besoin de soins intensifs de soutien. Ils sont souvent déshydratés et il faut leur administrer des liquides par voie intraveineuse ou des solutions contenant des électrolytes pour la réhydratation orale.

  1. Il n’y a pas actuellement de traitement spécifique c’est-à-dire pas de médicaments qui tue le virus ébola.

Certains patients guérissent avec les soins médicaux adaptés à leur cas.

Pour aider à endiguer toute nouvelle propagation du virus, il faut isoler les cas suspects ou confirmés des autres patients et les agents de santé qui les soignent doivent appliquer strictement les précautions de lutte contre l’infection.

6- Que puis-je faire? Peut-on éviter cette maladie?

Pour l’instant, il n’existe aucun vaccin homologué. Plusieurs vaccins en sont au stade des essais, mais aucun n’est actuellement disponible pour un usage clinique.

La sensibilisation aux facteurs de risque et les mesures que l’on peut prendre pour se protéger sont le seul moyen de réduire le nombre de cas et de décès.

7- Moyens de prévention

  • Comprendre la nature de la maladie, comment elle se transmet et comment éviter qu’elle ne continue à se propager.
  • Réduire les contacts avec des animaux à haut risque (c’est-à-dire les chauves-souris frugivores, les petits et les grands singes) dans les zones affectées de la forêt tropicale.
  • Faire bien cuire les produits animaux (sang et viande) avant de les consommer.
  • Porter des gants et un équipement de protection pour soigner un malade.
  • Il est recommandé de se laver régulièrement les mains après avoir rendu visite à des patients à l’hôpital ou soigné un malade chez soi.
  • Manipuler les corps des personnes décédées de la maladie à virus Ebola en portant un équipement assurant une bonne protection et les enterrer immédiatement.

 

Conclusion

La fièvre à virus Ebola est très grave (80% à 90% de décès). A  l’heure actuelle, il n’existe pas de médicament qui élimine le virus. Evitons d’aller dans les zones où la maladie sévit. Il faut se laver régulièrement les mains et s’abstenir de consommer la viande des animaux sauvages (chauve-souris, agoutis, rats, souris, singes, antilope etc…). Il faut vite signaler les cas suspects en appelant au Togo le 111 pour la conduite à tenir.

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